Scrivener 3: la Compilation repensée

Important : ceci est une traduction amateur à destination du public francophone d’un article posté par Literature and Latte, à l’origine en anglais.

Note: Cet article concerne les fonctionnalités à venir dans Scrivener 3, qui sera disponible sur macOS un peu plus tard cette année et sur Windows en 2018.

Au fil des années, une des fonctionnalités les plus demandées pour Scrivener a toujours été un système de gestion des Styles comme celle que l’on trouve dans la plupart des logiciels de traitement de texte. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec les systèmes de gestion des Styles, voici ce qu’ils permettent de faire :

La fonction Compilation de Scrivener est puissante et adaptable, mais également un gros bloc indigeste pour beaucoup d’utilisateurs. Chaque fois que l’on demande à un utilisateur qui décrit Scrivener comme un logiciel compliqué à utiliser pourquoi il pense cela, la première réponse est souvent liée à la fonction Compilation.

La complexité de la fonction Compilation est quelque part nécessaire. Quand j’ai décidé il y a dix ans de créer Scrivener, l’un de mes objectifs principaux était qu’il soit flexible. J’ai testé toutes sortes d’apps destinées aux écrivains. Les apps d’écriture les plus spécialisées en-dehors des logiciels de traitement de texte étaient construites autour d’un concept spécifique. Certains voulaient que vous puissiez suivre une structure précise pour votre histoire, comme les 12 étapes du Voyage du Héros de Vogler. Celles qui n’avaient pas cette volonté avaient tendance à vous obliger à respecter une structure particulière, comme par exemple trois actes, chacun contenant un nombre de chapitres bien précis. Copywrite et Ulysses se sont approchés de ce que je voulais faire (ils proposaient de séparer un long manuscrit en plusieurs petits morceaux sans imposer aucune structure), mais ils ne permettaient aucunement d’organiser les parties de votre manuscrit en une hiérarchie précise permettant une planification efficace.

Ce que je voulais, c’était pouvoir définir ma propre structure, qui serait différente d’un projet à l’autre, et de pouvoir en modifier la forme au fil de mes besoins. Par parties, chapitres et scènes, ou alors seulement par chapitres et scènes, ou seulement des chapitres. Pour un travail autre que la fiction je pourrais organiser les choses encore différemment. Au final, j’ai construit Scrivener autour du concept fondamental d’une planification flexible, le Classeur. Dans le classeur, vous pouvez créer des dossiers et des sections de texte, les organiser et les rassembler comme bon vous semble.

Un autre de mes objectifs était de permettre à l’utilisateur d’écrire en utilisant le formatage qu’il voulait, et donc permettre à tout le formatage d’être modifié (éventuellement) à l’export ou à l’étape d’impression. Vous pouvez donc écrire dans votre police préférée tout en obtenant un manuscrit qui respecte les standards de mise en forme.

Ces deux objectifs primordiaux se retrouvent dans la fonctionnalité de Compilation, qui à partir d’un ensemble de textes, de sections, de dossiers fournit un unique manuscrit formaté selon les exigences et les standards.

Le problème que nous avons toujours rencontré est que ces deux objectifs — flexibilité totale concernant l’organisation et la possibilité de relier tous les éléments de texte en un seul fichier formaté selon des règles précises — sont, quelque part, incompatibles. Si une app sait que vous écrivez en parties et chapitres, elle peut vous proposer une exportation qui formate le texte en conséquence. Mais si vous pouvez structurer votre manuscrit comme bon vous semble, comment peut-elle savoir que telle section se formate ainsi et une autre se formate autrement au moment de créer le document final ? Comment sait-elle que dans le Projet A ce dossier est censé être le titre d’une partie, que cet autre dossier est le titre d’un chapitre, et que ce document est une scène ? Ou que dans le Projet B, ce document est une préface mais ces autres documents sont des chapitres, et devraient être formatés comme tels ?

Il y a toujours eu de gros challenges derrière la Compilation, et c’est la raison pour laquelle cette fonctionnalité a toujours eu une certaine complexité dans son utilisation : il est nécessaire de fournir des options qui permettent de compiler n’importe quelle organisation, structure, tout en permettant de formater le document final pour coller à toutes sortes de contraintes.

Pour Scrivener 3, nous voulions repenser notre approche de la question. Je ne vais pas prétendre que les solutions que nous proposons vont régler tous vos problèmes et que vous n’aurez plus jamais aucune prise de tête en compilant, car il n’y a pas de solution parfaite (sauf des machines dotées de conscience, auquel cas j’espère que Skynet enverra un T-900/715 plutôt qu’un T-800/101 pour m’aider, mais nous nous égarons). J’espère en tous cas que la Compilation dans Scrivener 3 sera beaucoup plus accessible.

Compiler dans Scrivener 2

Il y a deux aspects de la Compilation qui, je pense, perturbent beaucoup de personnes. La première est simplement la façon dont nous vous envoyons toutes les options de compilation au visage.

Nous avons essayé d’alléger quelque peu cet aspect en ajoutant un mode « Sommaire », mais vous avez généralement besoin de passer au mode « Toutes les options » dès que vous voulez personnaliser quoi que ce soit, donc la plupart des utilisateurs finissent par devoir faire face à la palette intégrale des options de compilation. Ces options sont puissantes et vous permettent d’avoir un contrôle total sur votre manuscrit, mais elles sont également quelque peu intimidantes si tout ce que vous voulez faire est de modifier les documents qui vont devoir être traités comme en-tête de chapitres.

Une autre source de confusion est la façon dont le formatage de Compilation est appliqué aux sections des projets. Tout est défini dans le panneau « Formatage » — là où vous dites à Scrivener d’inclure un titre pour ce chapitre, d’insérer une en-tête « Chapitre [numéro] » pour tous ces dossiers, de changer la police en Papyrus 16pt pour ces sections (c’est une blague : je vous en supplie, n’utilisez jamais la police Papyrus, quelles que soient les raisons qui vous pousseraient à le faire, sauf dans le cas où le T-900 envoyé du futur vous a accidentellement renvoyé en 1997 et veut désormais vous faire faire le design de la devanture d’un magasin vendant des bracelets d’amitié vegan).

La confusion vient du fait que, dans le panneau « Formatage », vous devez penser en termes de « niveaux » dans la planification du projet, comme ci-dessous :

Dans cet exemple, les réglages de formatage pour les dossiers du « Level 1 » dans la Compilation vont être appliqués aux chapitres de « Part’ dans le classeur, les réglages pour les dossiers du « Level 2+ » (le « + » indique que ce formatage va être appliqué aux dossier du niveau 2 et tous les sous-éléments de la hiérarchie) vont être appliqués aux dossiers « Chapter », et le formatage du texte « Level 3+ » vont être appliqués aux documents de scènes.

C’est en fait une solution plutôt efficace, parce qu’elle vous permet de définir la façon dont votre manuscrit va être formaté en fonction de sa structure. Toutefois, au fil des années d’utilisation et de retours d’utilisateurs, nous avons beaucoup pensé aux limites de ce système :

  • Effectuer les réglages selon les niveaux dans la Compilation comme ceci lie chaque formatage de compilation à une structure de projet bien spécifique.
  • Il est difficile d’avoir un formatage différent pour des documents similaires sur le même niveau hiérarchique.
  • Il n’est pas naturel pour tous de penser en termes de niveaux hiérarchiques de planification. Les utilisateurs pensent à leurs documents pour ce qu’ils sont plutôt que pour leur emplacement dans la planification : chapitres et sections plutôt que dossiers de niveau 1 et fichiers de niveau 2.

Nous avons passé beaucoup, beaucoup de temps à penser à ces problèmes pour Scrivener 3, essayant et balançant un bon nombre d’idées — et d’implémentations — au fil de notre chemin. Toutes ces options sont nécessaires pour offrir la flexibilité primordiale pour Scrivener, et l’approche basée sur les niveaux hiérarchiques est au fond un bon moyen d’appliquer les formatages aux projets avec une structure claire. Comment alors pouvions nous prendre tout ce qui est positif dans la Compilation de Scrivener 2 tout en rendant l’opérations plus simple et moins intimidante, tout en permettant une meilleure distinction entre les formats de compilation et les projets individuels afin qu’un seul format de Compilation puisse être utilisé avec toutes sortes de structures de projets ?

Compiler dans Scrivener 3

Voici à quoi ressemble la Compilation dans Scrivener 3 :

Vous remarquerez quelques détails :

  • Tous les formatages de Compilation sont désormais listés sur la gauche, plutôt que dans une fenêtre flottante. (Vous pouvez créer vos propres formats en utilisant les boutons en bas.) Cette liste montre uniquement les formats applicables au type de fichier sélectionné.
  • La colonne du milieu montre une prévisualisation de l’apparence du texte compilé. Elle montre un texte quelconque plutôt que le texte du projet en lui-même (parce que montrer le texte du projet implique de compiler le projet une première fois). En fait, ce qui est représenté correspond aux Sections de Mise en Page, un concept-clé nouveau dans Scrivener 3 dont je parlerai plus bas.
  • Sur la droite, les options spécifiques au projet. Dans la capture d’écran vous pouvez voir le contenu (la liste des documents dans le projet à compiler), mais il y a également des onglets pour les méta-données des documents (nom de l’auteur, titre) et des options (inclure les commentaires ? inclure les notes en tant que notes de fin ou en tant que notes de bas de page ?). Pour les ebooks vous pouvez également y régler la couverture du livre et la table des matières.
  • Derrière chaque document listé dans les contenus, vous noterez qu’il y a un Type de Section — dans la capture d’écran chaque document est noté en tant que « Chapitre » ou « Section ». C’est un autre concept clé dont je parlerai plus bas.

Cette interface replace essentiellement l’ancien panneau « Sommaire », mais elle est beaucoup plus utile. It allows you to set up how the current project should use the selected Compile format, and for everyday use will obviate the need to dig deeper into the more complex options. It can do this because, internally, all of the various Compile options have been separated into project-level options and format-level options. (???) Donc, par exemple, chaque format de Compilation contient des options de formatage qui peuvent être appliquées à n’importe quel projet, mais selon que vous voulez ou pas inclure les commentaires pour un projet spécifique (par exemple) vous pouvez choisir d’utiliser une petite case à cocher.

Au coeur de la Compilation dans Scrivener 3, deux nouveaux concepts puissants : les Types de Sections et les Mises en Pages de Sections :

  • Les Types de Sections font partie d’un projet et permettent de dire à Scrivener ce que chaque document est (par exemple, une scène ou un groupe de chapitres…)
  • Les Mises en Pages de Sections font partie d’un format de Compilation et offrent différents moyens de formater les documents. Donc, un unique format de Compilation peut contenir une Mise en Page de Section pour formater les titres de chapitres et un autre pour formater les scènes, par exemple.
  • Pour régler la Compilation, vous n’avez qu’à dire à Scrivener quelles Mises en Pages de Sections dans le format de Compilation sélectionné devrait être appliqué aux différents Types de Sections dans votre projet (« formate-moi donc les groupes de chapitres en utilisant cette mise en page, et les scènes en utilisant celle-ci« )

Les Types de Sections signifient que vous n’avez plus à réfléchir en termes de niveaux de hiérarchie quand vous travaillez votre Compilation. Vous allez plutôt penser en termes de « qu’est-ce que ce document ? ». Par exemple, voici les Types de Sections qui ont été mises en place pour le modèle de projet de Roman intégré à Scrivener :

Chaque modèle de projet vient avec quelques Types de Sections mis en place pour vous, mais vous pouvez les modifier à loisir pour obtenir ce que vous voulez. Vous pouvez ensuite assigner des Types de Section aux documents de la même façon que vous assignez déjà des labels ou des statuts, à travers l’inspecteur ou l’outliner (planification) (vous pouvez également les assigner dans le panneau Compilation). Vous pouvez alors par exemple régler un dossier « Groupe de Chapitres » ou « Groupe de Parties », et un document de texte en tant « qu’Introduction », « Page de Titre », « Annexe », ou quoi que ce soit d’autre nécessaire pour votre projet.

Pendant ce temps, chaque format de Compilation est désormais projet-agnostique (???), et, au lieu de contenir une carte de formatage spécifique à votre hiérarchisation (comme dans Scrivener 2), ils contiennent simplement une liste de formatages prédéfinis (les Mises en Pages de Sections) qui peuvent être appliqués ) n’importe quel document dans votre projet (basé sur ses Types de Sections). Par exemple, le « Format de Manuscrit Standard » a une Mise en Page de Sections qui imprime simplement « Chapitre [numéro] » en Times New Roman pour n’importe quel document auquel il est appliqué; un autre imprime le numéro de chapitre et le titre, et un autre imprime le titre de chaque nouvelle Partie; un autre formate le texte des scènes; un autre formate un chapitre entier (titre de chapitre et texte). Quand vous compilez, vous choisissez simplement quelles Mises en Page de Section dans le format de Compilation doit être appliqué à chaque Type de Section dans votre projet, ignorant tout ce dont vous n’avez pas besoin :

Dans la capture d’écran ci-dessus, tous les documents qui sont définis en tant que « Texte de Chapitre » (le Type de Section) dans le projet vont être formatés en tant que « Synopsis numéroté » (la Mise en Page de Section) au cours de la Compilation.

Ce que ça signifie, c’est que les formats de Compilation ne sont plus limités à travailler avec un projet ayant une organisation et une hiérarchie bien définies, et vous n’avez plus besoin d’apprendre comment éditer les formats de Compilation pour simplement leur permettre de fonctionner avec votre projet. Au lieu de tout cela, chaque format de Compilation vient avec une quantité de Mises en Page de Section, et vous choisissez ceux à utiliser avec votre projet. Vous n’avez plus besoin d’effectuer des réglages dans votre structure de projet pour simplement obtenir une Compilation pour formater les choses comme vous l’entendez, et vous n’avez plus besoin de plonger dans la marée d’options simplement pour changer quels documents sont traités selon des en-têtes de chapitres.

Nous n’avons toutefois pas complètement jeté l’ancienne façon de faire basée sur les niveaux de hiérarchie — c’était après tout utile pour appliquer un formatage à toute une flopée de documents d’un coup. Nous avons plutôt déplacé les réglages vers les Préférences du Projet, et cela permet désormais d’effectuer le réglage des Types de Section par défaut. Vous pouvez donc dire à Scrivener que, par exemple, n’importe quel document de texte au niveau 3 dans votre hiérarchie doit être une « Scène » à moins de changer son Type de Section dans l’inspecteur ou l’outliner (planification). Là où dans Scrivener 2 vous deviez penser en termes de planification hiérarchique pour formater votre manuscrit, c’est désormais quelque chose qui va simplement vous faire gagner un peu de temps si vous apprenez à l’utiliser. Vous êtes libres d’ignorer cette option et d’utiliser les Types de Section manuellement.

En pratique, si vous utilisez des modèles de projets intégrés à Scrivener, vous n’avez la plupart du temps pas besoin de faire quoi que ce soit d’autre que de choisir le format que vous voulez utiliser dans la liste sur la gauche et cliquer « Compiler ». Mais si vous créez votre propre projet à partir de zéro, il est désormais beaucoup plus simple de formater ce projet au cours de la Compilation. Et il est également plus simple de créer des formats de Compilation qui peuvent être utilisés avec un large éventail de projets.

Sous le capot, toutes les options de Compilation qui étaient disponibles dans Scrivener 2 le sont toujours dans Scrivener 3 — et plus encore. Mais vous pouvez désormais accéder à ces options en créant votre propre format de Compilation.

Beaucoup d’utilisateurs ne vont jamais avoir à utiliser ces options parce que les formats de Compilations qui vous sont fournis sont désormais beaucoup plus flexibles. Mais pour ceux qui aiment plonger dans des considérations beaucoup plus techniques, ou qui vont avoir des besoins ou contraintes de formatages bien spécifiques qui ne sont pas proposées dans Scrivener par défaut, tout ce dont vous avez besoin est toujours présent.

Nous avons préparé quatre vidéos introduisant aux utilisateurs comment la Compilation fonctionne pour la sortie de Scrivener 3. Ces vidéos commencent aux bases et vous enseignent comment créer votre propre format de Compilation. Voici la première vidéo, afin que vous puissiez voir la fonction de Compilation en action :

 

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